Déchets internes aux entreprises

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Il existe un potentiel important d’évitement de déchets dans les entreprises implantées en Ile-de-France. A ce stade, la difficulté d’une observation des actions internes de prévention qu’elle mettent ou pourraient mettre en oeuvre, tient :

  • à la très grande diversité de ces entreprises et de leurs activités.
  • au fait que leurs initiatives sont difficiles à connaître et à suivre car, par essence, elles s’inscrivent peu dans des logiques territoriales.

A ce stade, la légitimité des collectivités porteuses de programmes de prévention pour intervenir en direction d’entreprises privées, sur la prévention de leurs propres déchets, n’est ni évidente ni admise, d’un coté comme de l’autre. Pour commencer, cette question pourra sans doute être abordée plus facilement avec les entreprises qui s’en remettent à la collectivité pour l’élimination de leurs déchets assimilés aux ménagers [1]. Un élargissement à l’ensemble du tissu économique local sera par ailleurs plus simple si la collectivité n’a pas seulement une compétence « déchets » mais intervient aussi dans le champ du « développement économique » (les Communautés d’Agglomération ou de Communes sont donc mieux positionnées à cet égard que des SIVU déchets).

Quoi qu’il en soit, il est intéressant pour une collectivité d’impliquer aussi des entreprises de son territoire dans une démarche locale conjointe de prévention des déchets. Cela permet :

  • de montrer que les citoyens ne sont pas les seuls à être mis sur la sellette des nécessaires changements de pratiques, comportements…
  • de développer, ou révéler, des actions d’évitement aux niveaux « conception », « fabrication » de la part de producteurs locaux de biens et de services,
  • d’inscrire la prévention des déchets des entreprises dans les politiques économiques du territoire.

L’intervention de la collectivité doit bien entendu s’inscrire prioritairement en appui, et non interférer, avec d’éventuels plans de prévention sectoriels pilotés par des groupements d’entreprises (Chambre syndicale, Chambre consulaire, groupe industriel…). En Ile-de-France, certaines chambres consulaires ont déjà engagé une série d’actions (à ce stade, on peut sans doute pas encore parler de plan) concourant à la prévention des déchets.

Les interventions des entreprises pour réduire leurs déchets internes suivent plusieurs axes :

  1. Optimiser les procédés
  2. Changer de produit ou de matière première
  3. Optimiser la gestion et changer les pratiques
  4. Optimiser le conditionnement (des produits, matières premières consommés)
  5. Augmenter la durée de vie des matières et produits consommés
  6. Réutiliser en interne

Les seules motivations financières inhérentes à l’entreprise ont évidemment déjà conduit celle-ci à développer depuis longtemps le premier de ces axes. Toutefois, le secteur tertiaire y conserve probablement un potentiel encore important, grâce aux progrès de la dématérialisation de la communication. On soulignera par ailleurs le risque, comme pour la prévention des déchets des ménages ou au sein de la collectivité, d’une interrogation visant les modes de consommation, au sens restrictif de l’achat, plutôt que les modalités de production, donc l’utilisation qui est faite des produits. Ce point essentiel (éco-achats sans éco-utilisation) souligne deux clés importantes de succès :

  • la formation des salariés
  • une démarche d’animation de projet favorisant une appropriation par les salariés.

Si les P.M.E. et T.P.E. semblent souvent absentes des initiatives nationales, voire de celles relevant des chambres consulaires , un diagnostic territorial fin pourra faire apparaître qu’elles développent des pratiques de réduction de leurs propres déchets (ex. : garagistes développant des achats en grande quantité, petits commerces proposant à leurs clients de réutiliser certains emballages de livraison, bouchers qui proposent des sous-produits à leurs clients…), qui ne sont pas visibles par leurs chambres consulaires.

Notons enfin, la parenté qui existe entre une intervention partenariale de la collectivité vers les entreprises de son territoire et :

  • les actions foyers témoins (par analogie, on pourrait ainsi envisager le développement d’une démarche d’ « entreprises-témoins »),
  • les actions d’exemplarité portant, de la même manière, sur la prévention des déchets internes à « l’entreprise collectivité » (ce qui ouvre des perspectives intéressantes en termes d’échange d’expériences, synergies…).

Source d’informations générales

Le site Internet de l’ADEME   dispose d’un chapitre sur les déchets des entreprises sur lequel on peut trouver des informations relatives aux soutiens apportés aux entreprises par l’Agence : aides au diagnostic « déchets », accompagnement etc.
Le rapport « Prévention des déchets des entreprises : les bonnes pratiques »
Les déchets : des solutions pour les entreprises
Les entreprises ayant participé à l’opération nationale « Déchets : moins 10% »
[Rubrique dédiée aux entreprises sur le site www.reduisons nos dechets.fr

Signalons que plusieurs collectivités européennes ont développé des actions intéressantes visant leurs entreprises, essentiellement en termes d’animation de la démarche, de formations, d’accompagnement méthodologique et de valorisation/promotion des pratiques exemplaires.

Voir le document : Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie. Prévention de la production de déchets- Exemples de politiques locales menées en Europe. Angers, ADEME   Editions, 2004. 89 pages.

[1] L’existence ou la mise en place de la redevance spéciale étant un élément de la discussion

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