Exemplarité

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L’exemplarité constitue plus une « démarche », par sa transversalité (et donc sa vocation à s’élargir), qu’une « action » au sens restrictif du terme. On peut d’ailleurs l’assimiler à un « programme interne de prévention », par analogie avec des « programmes territoriaux ».

Elle concerne les prescripteurs d’actions de prévention, c’est-à-dire essentiellement les collectivités territoriales. Mais les associations de citoyens ayant une certaine infrastructure (locaux, permanents salariés…), qui développent des messages de prévention des déchets, auront aussi intérêt…à ne pas être pris en défaut. Quant aux entreprises, leur exemplarité est essentielle pour leur image.

S’appliquer ainsi à soi-même ce que l’on demande aux autres présente en effet au moins 3 intérêts complémentaires :

  • crédibiliser la démarche prescriptive
    c’est le « je fais ce que je dis », indissociable de toute bonne gouvernance, et dont on peut affirmer, a contrario, que ne pas faire ou, pire, faire le contraire de ce qu’on dit…serait la meilleure voie vers l’échec [1]
  • crédibiliser en mettant en évidence, par une application pratique, les potentiels de réduction des déchets (cette crédibilisation est utile dans sa communication vers l’extérieur, mais aussi en interne – voir ci-dessous). On peut rappeler que le poids des déchets de la collectivité dans le flux total qui est à sa charge (et à celle des contribuables) est loin d’être anecdotique. A cet égard, l’exemplarité qu’elle s’applique peut constituer une part pondérale et financière essentielle de son programme de prévention.
  • acquérir un savoir-faire concret dans le montage d’actions de prévention des déchets à la fois au plan technique (quels gisements ? quelles alternatives ? quels résultats ?…) mais aussi de l’animation (comment mobiliser les « cibles », trouver des relais et obtenir les modifications de comportements souhaitées ?).

Pourtant, il ressort de l’observation faite en Ile-de-France, et plus généralement, que rares sont les collectivités ayant développé des démarches approfondies d’exemplarité :

  • dans quelques cas, des objectifs clairement définis et des moyens réellement mobilisés (ce qui suppose une forte volonté politique couplée à une adhésion de la direction des services et à une association étroite des personnels concernés).
  • souvent quelques gestes de réduction des déchets sont préconisés et mis en œuvre en interne dans des programmes transversaux :
    • comme des agendas 21 internes, liés aux Agendas 21 locaux assez nombreux en Ile de France (Région, Départements, Intercommunalités et communes) [2]
    • ou des opérations inscrites dans la démarche d’administration éco-responsable (ADEME   Ile-de-France, …) [3]
  • souvent aussi cependant, l’affichage d’une démarche d’exemplarité est démenti par de simples observations.

On peut avancer quelques raisons à cette faiblesse :

  • la difficulté pour des élus « déchets » de passer d’une culture axée sur la gestion d’équipements à celle d’animation de projets,
  • la difficulté à mettre en synergie, sur un tel projet, les élus et une direction des services considérant que ce qui concerne le personnel est de son ressort [4] ou craignant que la nouvelle démarche ne révèle ou n’exacerbe des problèmes de management. La démarche d’exemplarité doit néanmoins s’appuyer sur la volonté des élus et de la direction. Les opérations qui fonctionnent le mieux proviennent souvent de petites collectivités au sein desquelles la proximité entre maire et secrétaire général existe de fait.
  • la faible culture du « projet d’entreprise » dans les collectivités (organigramme très vertical, peu favorable à une démarche participative ; cloisonnement trop fort pour développer des actions inter services ; absence de récompenses des agents mobilisés…quant ceux-ci ne se font pas sanctionner pour leurs initiatives [5]).
  • a prégnance (si ce n’est l’hégémonie) d’une stratégie de communication survalorisant en façade les interventions de la collectivité, en filtrant les difficultés rencontrées [6] (facteur de démotivation des agents).
  • le qualificatif « exemplaire » peut être un repoussoir tant il contient un objectif fort et un peu « moralisant ».
    A contrario, l’exemplarité peut se voir diluer sous d’autres appellations comme l’éco responsabilité et des programmes transversaux de type « agenda 21 », risquent d’affadir les politiques sectorielles en les ramenant aux priorités banales et basiques [7].
Ce tableau des difficultés permet d’identifier « en creux » les conditions de la réussite d’opérations d’exemplarité. Elles requièrent une capacité d’animation et une méthodologie qui permette des modifications des pratiques d’achat, d’utilisation et d’abandon.

Quels que soient les gisements d’évitement retenus, on retrouvera souvent 3 axes d’intervention :

  • sensibilisation des personnels (mettant notamment en jeu leurs comportements),
  • renouvellement du matériel lorsque celui-ci est inadapté (ex. : copieur ne permettant pas la pratique du recto verso),
  • modifications des procédures (ex. : lorsque l’on décide de dématérialiser les factures).

Signalons deux « nouveautés » importantes :

  • la circulaire du Premier Ministre du 3 décembre 2008, relative à l’exemplarité de l’Etat au regard du développement durable dans le fonctionnement de ses services et de ses établissements publics.
    Ce texte demande des interventions aux niveaux des achats mais aussi de la consommation. Les 20 fiches « produits » et « activités » annexées à la circulaire contiennent des objectifs et des moyens d’actions dont certains s’inscrivent dans la thématique prévention des déchets [8]
  • comme on l’a déjà indiqué plus haut, l’exemplarité est une « action » obligatoire pour l’éligibilité au dispositif de soutien aux plans et programmes de prévention de l’ADEME  .

La transversalité de la démarche d’exemplarité (comme dans la check-list « foyers témoins »), et ses difficultés de mise en œuvre, d’où son état de faible développement, font que les données signalées dans la check-list du tableau sont assez rares et surtout relativement générales.

Source d’informations générales

  • le site http://www.ecoresponsabilite.enviro… riche en renseignements utiles (textes, management environnemental, sensibilisation des agents, domaines d’action, expériences et démarches, boîte à outils), même si les préconisations sont restent sectorisées et privilégient les actes d’achat et d’abandon au détriment de l’utilisation (qui met pourtant en jeu l’éco responsabilité des agents).
  • Guide « Travailler sans déchet » édité par l’asbl " Réseau Eco-consommation" (issu, en 1991, d’une initiative commune du C.R.I.O.C. [9] , d’Inter-Environnement Wallonie et d’Espace Environnement). Ce réseau bénéficie du soutien financier de la Région wallonne (ses autres ressources provenant de contrats, prestations de services ou subsides d’autres Pouvoirs Publics) : http://www.ecoconso.be/spip.php?art…
  • Guide des administrations éco responsables de l’ADEME   : destiné aux gestionnaires et responsables de services administratifs, il aborde plusieurs domaines : eau, énergie, déchets, transports et déplacements, air, bruit, espaces, bâtiments, achats.
    Boîte à outils, apportant des réponses aux questions suivantes : comment engager une démarche éco responsable dans un service ? quels arguments employer pour convaincre les agents et leur encadrement ? Réf. : 5658 - Collection : Connaître pour agir - Novembre 2005- 21x29,7 - 104p. Prix de vente : 50 euros
    Accessible sur http://www.ecoresponsabilite.enviro…

[1] Dans son programme de prévention, la ville autrichienne de Vienne, utilise un slogan très parlant : « Vienne balaie devant sa porte ».

[2] http://observatoire-territoires-dur…

[3] http://www.ecoresponsabilite.enviro…

[4] Il faudrait sans doute prévoir des outils de sensibilisation des DGS à la prévention des déchets…

[5] Intervenant comme formateur référencé dans le cadre de l’opération « Administration éco-responsable », nous rencontrons des stagiaires envoyés en formation… avec la consigne de ne pas en faire de trop.

[6] A une époque où l’on dénonce beaucoup le « greenwashing » dans la communication des entreprises, il conviendrait aussi de s’interroger sur ce greenwashing d’un second type.

[7] Les généralistes qui élaborent un agenda 21 en restent souvent au tri quant ils abordent le thème « déchets »

[8] Par exemple, dans la fiche n° 2 intitulée « Solutions d’impression » : "réglage en recto-verso par défaut des matériels d’impression"

[9] Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs

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