Récupération pour réemploi des cartouches d’encre

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Le développement rapide de l’informatique personnelle a généralisé la production de cartouches d’impression usagées dans les foyers. Les enjeux environnementaux d’un abandon à la poubelle sont réels : corps des cartouches en PVC (émissions acides à l’incinération), composition des encres (solvants, oxydes métalliques, métaux lourds). Ces déchets [1] devraient pourtant bénéficier des dispositions et procédures correspondant au statut de déchet dangereux.

Un certain nombre de conseils préventifs peuvent être diffusés dans une logique plus large de pratiques économes en impression (voir démarche proposée dans la check-list « sensibilisation à l’éco consommation ») :

  • imprimer uniquement quand c’est vraiment nécessaire,
  • configurez l’imprimante en mode « économie » pour épargner l’encre,
  • vérifiez la mise en page avant d’imprimer (en particulier à partir d’Internet pour ne pas imprimer les publicités et autres bannières inutiles),
  • évitez l’impression en couleur, souvent non nécessaire,
  • prendre garde aux caractéristiques par nature « gaspilleuses » de certaines d’imprimantes, notamment celles où les différentes couleurs sont dans le même boîtier de cartouche.

S’il est également possible de recharger soi-même une cartouche vide à l’aide d’un « kit de recharge » (à l’aide d’une seringue), toutes les imprimantes ne le permettent pas.

Pour mémoire, afin de nourrir la sensibilisation des cibles et partenaires :

  • l’impression de 10.000 pages génère 70kg de déchets de cartouches d’impression.
  • une cartouche laser nécessite 3,4 litres de pétrole pour sa production.
  • 1,5 kg de déchets peuvent être économisés par cartouche rechargée.

Pourtant cette réutilisation (au moins 50% peuvent l’être) reste très peu développée en France, en comparaison du potentiel et de ce qui se passe dans d’autres pays de l’OCDE. Ainsi sur plus de 70 millions de cartouches utilisées chaque année dans notre pays (350 millions en Europe), seulement 15% seraient réutilisées contre 55% aux Etats-Unis, 35% en Allemagne, en Angleterre et aux Pays-Bas !] Les cartouches [2] peuvent par contre être reconditionnées industriellement (une telle « réutilisation » relève alors bien de la prévention des déchets). Elles peuvent effectuer en moyenne 3 à 6 cycles d’utilisation, en offrant une performance égale à celle des originales. L’analyse du cycle de vie d’une cartouche usagée montre qu’il est jusqu’à deux fois plus avantageux de la réutiliser ainsi plutôt que de recycler ses composants (énergie, matières premières et déchets économisés). Ce procédé permet aussi de proposer des produits 30% à 40% moins chers que les cartouches d’origine.

On remarquera que la récupération des cartouches pour réemploi n’est pas toujours facile :

  • l’augmentation du niveau de technicité et l’exclusivité du couple imprimante/cartouche restreignent les possibilités de reconditionnement,
  • l’organisation de la reprise des cartouches usagées auprès de leurs clients (renvoi postal), en vue d’un recyclage et non d’un reconditionnement. Celle-ci est déjà de fait largement pratiquée au sein des collectivités comme des entreprises [3].

Pour autant, des solutions alternatives existent pour une collecte en vue de reconditionnement (par exemple petits conteneurs mis à disposition et repris une fois remplis). Elles ont le mérite d’offrir l’opportunité de traiter conjointement dans cette logique préventive : les cartouches usagées de la collectivité elle-même, et celles des habitants, en proposant un ou des points de dépôt (hall de Mairie, d’écoles, centres de loisirs…).

Cette pratique est fréquemment présente en Ile de France, mais sous une forme assez peu intensive. Elle reste en effet cantonnée à un profil essentiellement caritatif [4] (« déposer ses cartouches à l’école pour financer la lutte contre telle ou telle maladie »). Cet argument peut évidemment être exploité mais mérite d’être intégré à une véritable logique de gestion préventive des déchets, avec une volonté d’exploiter le gisement d’évitement correspondant.

Dans ce contexte, certaines initiatives ont pu connaître des aléas (suspension soudaine et inexpliquée de l’enlèvement) et laisser des séquelles. Il s’agit donc d’être très vigilant avec les prestataires en s’assurant :

  • d’un contrat précis de prestation précisant les modalités techniques (produits repris, fréquence d’enlèvement…) et financières (attention : les propositions peuvent s’avérer plus floues qu’elles ne le paraissent entre « achat des cartouches », « gratuité »,ou au contraire « facturation de l’enlèvement »…)
  • que les produits sont traités conformément aux réglementations (de préférence dans l’U.E., traçabilité…)
  • d’un suivi et d’un retour réguliers (quantité enlevées…).

A noter : certaines propositions caritatives actuelles combinent reprise des cartouches et des téléphones portables (extension intéressante, mais là aussi à analyser de près).

Pour la collectivité, cette action peut être un des points de départ pour une démarche plus globale d’exemplarité allant évidemment, dans ce domaine des équipements bureautiques, au delà des seules cartouches. Rationaliser la gestion du parc d’imprimantes se révèle toujours payant. Une réflexion en terme de « coût global » permet de considérer non seulement le coût d’acquisition de la machine, mais aussi ceux de fonctionnement, de maintenance et de traitement des déchets. Certains produits présenteront un surcoût à l’achat, mais permettront des économies - y compris d’énergie - et auront une durée de vie plus longue.

On pourra aussi inscrire la question des cartouches hors d’usage dans une démarche plus globale de communication éco-responsable.
Voir notamment le site ADERE et d’autres outils plus anciens sur le site de l’ ADEME

Sources d’information générale :

Le réseau belge Eco consommation propose un dossier assez complet sur le sujet

En Ile de France, le site de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris propose une fiche d’informations pratiques à vocation régionale

[1] qui ne relèvent pas de la législation sur les équipements électriques et électroniques en fin de vie (DEEE)

[2] au sens large comprenant d’autres dispositifs tels qu’encreurs des copieurs etc

[3] Voir aussi le dispositif CONIBI (Consortium Informatique et Bureautique) regroupant depuis 2001 Canon, Epson, HP Invent, Konica, Minolta, N.R.G. (Nashuatec-Rex Rotary–Gestetner), Océ France, Ricoh, Toshiba, The Document Company Xerox, Sharp, Lexmark et Kyocéra Mita. – www.conibi.fr

[4] Comme on a pu le voir, par le passé, pour la collecte séparée du verre ou le détournement du flux textiles…

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