Sensibilisation à l’éco-consommation

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La sensibilisation à l’éco-consommation est essentielle pour la prévention des déchets :

  • elle constitue le pendant indispensable aux mesures d’écoconception de produits/services pauvres en déchets prises (à prendre) par les industriels et les distributeurs. Elle permet donc la construction progressive possible d’une adéquation entre offre et demande.
  • elle illustre très concrètement la responsabilité, mais aussi les possibilités d’intervention des consommateurs, possibilités qui sont souvent rejetées par ignorance ou par facilité.

Il est rare cependant que les actions de sensibilisation aient été pensées de manière globale. Ainsi :

  • la consommation est rarement abordée sous toutes ses phases (acquisition, utilisation et abandon), plus souvent réduite au seul acte d’achat (lui-même plus restreint que la notion d’acquisition).
  • les opérations se limitent généralement à de la communication (diffusion massive de plaquettes de sensibilisation, expositions…), alors que les « résistances » observées sur le terrain soulignent le besoin d’une véritable éducation à l’économie sociale et familiale, réactualisée sous l’angle de la prévention des déchets. Avec des conseils, si ce n’est des « consignes normatives », administrés sans dialogue, on peut craindre de renforcer les freins du genre « c’est la faute aux producteurs, on n’a pas le choix… ».
  • les contenus de ces plaquettes sont quasi-identiques, ne tenant guère compte des caractéristiques territoriales, qui influent pourtant sur les modes de consommation.
  • l’argumentaire développé met surtout en avant les intérêts environnementaux alors que diverses études et retours d’expériences peuvent en illustrer les bénéfices financiers (notamment étude « caddie » de l’ADEME  ).

En somme, tout est fait pour convaincre… ceux qui sont déjà convaincus [1] !

Au-delà de telles plaquettes, les actions de sensibilisation les plus fréquemment observées sont des animations :

  • caddies comparatifs
  • opérations « stop-rayons » généralement croisées avec une présence en magasin
  • bar à eaux
    Mais ces animations demeurent ponctuelles et isolées (généralement des initiatives associatives ; souvent réalisées durant la Semaine de la Réduction des Déchets ou celle du Développement Durable). Il est donc opportun pour le porteur d’un programme local de réfléchir à une mise en synergie de ces animations, entre elles mais aussi avec d’autres actions de préventions plus permanentes.

Un des obstacles majeurs est sans doute la grande diversité des thèmes concernés par l’éco-consommation, sous l’angle des produits mais aussi des phases de la consommation. Peut-être serait-il pertinent de privilégier la corrélation avec :

  • des actions préventives déjà en œuvre sur le territoire (là où le compostage domestique est promu, mettre l’accent sur la consommation de produits de jardinage moins dangereux, achetés dans des quantités et des formats adaptés à ses besoins et moins/mieux emballés, utilisés de manière optimale, sans restes…).
  • des caractéristiques de consommation des habitants du territoire.
    Dans un territoire comme l’Ile-de-France, où de nombreux actifs déjeunent hors du domicile, il est sûrement intéressant de mettre en question la consommation de boisson et de nourriture au travail et dans les déplacements quotidiens par exemple avec l’utilisation « d’emballage navette » (gourde et boite de type Tupperware).

Source d’informations générales

  • Sur le site du MEEDDAT, « Produire moins de déchets », un guide d’éco-gestes, composé de fiches par produits et par activités :
  • Sur le site de l’ADEME  , un dossier consacré à l’éco-consommation
    Ce dossier permet une recherche par produit (beauté et hygiène, produits d’entretien, fournitures de bureau, mode et textile, bricolage et décoration, éclairage, électroménager, multimédia et voiture), mais aussi par activités (à la maison, au bureau, à l’école, en vacances, pour se déplacer, pour les produits en fin de vie).
  • Le « Passeport Eco-produit », régulièrement réactualisé par l’ADEME  , est un outil riche, destiné plutôt à des achats professionnels
  • Le site de la campagne nationale de mobilisation « Réduisons vite nos déchets, ça déborde »
  • Le Réseau Eco-consommation (Belgique) vise à encourager des comportements de consommation plus respectueux de l’environnement et de la santé. Son site regorge d’informations et de propositions concrètes. Initié par Graines de Changement, le site http://www.mescoursespourlaplanete.com est le premier guide pratique de la consommation responsable en ligne, à l’attention de tous ceux qui veulent porter un autre regard sur leurs choix quotidiens, et cherchent des produits ou pratiques plus responsables.
    Ce site, qui bénéficie du soutien de l’ADEME  , de la MAIF, contient notamment une banque de données avec une entrée « produits » ou une entrée « activités ». Les questions relatives à la prévention des déchets y sont généralement abordées.

[1] Diverses études montrent que les citoyens les plus démunis (en connaissance et en argent, ce qui va souvent de paire) sont aussi ceux qui ont le plus de difficultés à modifier leur consommation, elle-même forte pourvoyeuse de déchets (voire de conséquences sanitaires). Cette réalité doit éclairer les actions de sensibilisation à l’éco-consommation en les ajustant à des cibles ignorées jusque là, avec un objectif et un contenu social plus conséquents. Il s’agit bien de monter des actions d’éducation populaire à la consommation soutenable.

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