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Cycle de conférences, septième demi-journée : enjeu de la transformation structurante (et cathartique) des imaginaires collectifs

Pour cette demi-journée de clôture consacrée à l’enjeu de la transformation structurante (et cathartique) des imaginaires collectifs par la mise en récit ou « storytelling » pour déconstruire les faux espoirs et modifier les mythes, croyances et récits, préparer l’opinion publique à l’entrée dans un monde fini, complexe et instable, mais aussi justifier et accompagner une mobilisation et un engagement massifs des citoyens sur des voies et moyens de résilience, nous avons eu le plaisir d’accueillir Agnès Sinaï et Yves Cochet.

Conférence « Le scénario “Bio-région Île-de-France 2050” de l’Institut Momentum : quels apports au regard des exercices de prospective traditionnels ? » d’Agnès Sinaï et Yves Cochet

Présentation de la conférence d’Agnès Sinaï et Yves Cochet (PDF - 3.7Mo)

  • Date : 11 décembre 2018
  • Lieu : Halle Pajol, 20 esplanade Nathalie Sarraute, 75018 Paris

Agnès Sinaï, membre fondatrice de l’Institut Momentum, maitre de conférences et responsable du cours Théories et politiques de la décroissance à Sciences Po Paris, spécialiste des politiques de l’Anthropocène, journaliste indépendante (Actu-Environnement, La Revue durable, Le Monde diplomatique) et auteure de nombreux essais.

Yves Cochet est président de l’Institut Momentum, docteur en mathématiques, ministre de l’Environnement (2001-2002), député de la nation (1997-2011), Député européen (2011-2014) et auteur de nombreux essais.

Fondé en 2011, l’Institut Momentum est un laboratoire d’idées sur les issues de la société industrielle et les transitions nécessaires pour amortir le choc social de la fin du pétrole. Il réunit des chercheurs, des journalistes, des ingénieurs et des acteurs associatifs et se consacre à répondre au défi de notre siècle : comment organiser la transition vers un monde post-croissant, post-fossile et modifié par le climat ? Comment penser et agir les issues de l’Anthropocène ?

La transition post-pétrolière, post nucléaire et post carbonique s’attache à complètement redessiner et à repenser les infrastructures de la société, mais aussi à œuvrer à un nouvel imaginaire social. Lieu convivial de recherche, l’Institut Momentum produit des diagnostics, des analyses, des scénarios et des propositions originales sur les stratégies de transition et de résilience.

En 2017, sous la direction d’Agnès Sinaï et d’Yves Cochet, l’institut s’est lancé dans l’élaboration d’un scénario de prospective baptisé « Biorégion Île-de-France 2050 » et fondé sur une approche systémique étudiant un ensemble d’hypothèses de discontinuités et de ruptures quand les exercices prospectifs traditionnels raisonnent de manière linéaire et sectorielle pour produire des trajectoires continues.

En conclusion de ce cycle, Agnès Sinaï et Yves Cochet ont donc proposé une synthèse des caractéristiques structurantes de l’approche systémique qui ont été abordées lors de ce cycle en nous présentant le contexte, les fondements, les objectifs, le contenu, les limites, les conclusions et les perspectives de cet exercice de scénarisation.

Pour aller plus loin :

Table ronde suite à la conférence de Yves Cochet et Agnès Sinaï : « La science et l’art du “storytelling”, une combinaison gagnante pour mobiliser les citoyens dans un monde anxiogène ? »

Nous avons ensuite recueilli ainsi les réactions d’un panel de spécialistes de haut niveau au regard des interventions de Yves Cochet et de Agnès Sinaï.

Cette table ronde s’est intéressée à l’art du « storytelling », et en particulier au rôle :

  • de la prospective, comme démarche scientifique d’élaboration et de narration de nouveaux récits en rupture avec le modèle de société actuel ;
  • de l’Histoire dite « globale » comme démarche scientifique et pédagogique, par définition systémique, d’élaboration et de narration d’un récit rétrospectif de coévolution de l’humanité et de son environnement ;
  • de la fiction comme démarche créative et sensible d’élaboration et de narration de récits de prospective stratégique et systémique de l’évolution de l’humanité dans son environnement ;
  • des médias « grand public » comme vecteur de massification et de généralisation de la prise de conscience et de la pédagogie sur les causes structurelles et les conséquences sociopolitiques et technico-économiques de l’urgence écologique ;
  • du politique comme démarche de mise en récit éclairée, lucide, réaliste et désirable d’une transformation systémique du modèle de société actuel.

À cette occasion, nous avons recueilli les réactions du panel au regard des interventions d’Agnès Sinaï et d’Yves Cochet ainsi que les témoignages sur la manière dont sont appréhendés les enjeux liés à la scénarisation prospective.

Nous sommes notamment revenus sur les hypothèses et la méthodologie d’élaboration du scénario présenté.

Nous avons ensuite interrogé les opportunités de transformation des imaginaires collectifs par l’Histoire, la fiction et les médias pour déclencher la prise de conscience, exprimer/exorciser, par catharsis, l’ensemble des émotions (fantasmes, peurs, joies, angoisses, bien-être, mal-être, espoir, désespoir, etc.) afin de mobiliser et d’engager efficacement les citoyens sur des voies et moyens de résilience.

Puis, entre l’Histoire qui étudie le passé au service du présent et de l’avenir en remettant, en l’occurrence, en perspective le rôle de l’énergie fossile dans le développement des sociétés humaines et la fiction qui se nourrit du passé et du présent pour projeter différents futurs (de la dystopie à l’utopie), nous avons questionné le rôle de notre rapport au temps dans le passage de la culpabilisation et/ou de la peur à l’action.

Nous avons également abordé le rôle d’une mise en récit politique de l’urgence écologique grâce à une politisation de l’écologie proposant une transformation globale et profonde, en un mot, systémique, du modèle de société ancrée d’une part dans la critique de la croissance économique et de la mondialisation libérale et d’autre part dans une forme d’institutionnalisation des (biens) communs « immatériels » (souveraineté, démocratie, laïcité, cohésions sociale et culturelle) et « matériels » (climat, ressources naturelles et biodiversité).

Enfin, nous avons ouvert le débat sur l’art, la science et les médias comme vecteurs puissants de conscientisation de l’opinion publique et de mobilisation citoyenne massive.

Avec :

  • Valéry Dubois, journaliste, spécialiste des questions environnementales (modérateur).
  • Yves Cochet, président de l’Institut Momentum, ancien ministre de l’Environnement et député.
  • Arthur Keller, ingénieur, consultant, conférencier, spécialiste du storytelling, des vulnérabilités et des stratégies de résilience collective des sociétés thermo-industrielles, scénariste, créateur de la série TV américaine Twice As Bright, ex-coordinateur national du programme de Nouvelle Donne en matière de transition écologique et ex-référent du programme de la candidate citoyenne Charlotte Marchandise-Franquet aux présidentielles 2017.
  • Agnès Sinaï, enseignante à Sciences Po Paris, membre fondatrice de l’Institut Momentum.
  • Laurent Testot, journaliste, guide-conférencier, spécialiste en Histoire globale et mondiale, auteur de « Cataclysmes : une histoire environnementale de l’humanité ».

 Pour aller plus loin :